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Transport et mobilite : le marche des nouvelles mobilites en France

Entre velos electriques, trottinettes, autopartage et transports en commun, le marche des nouvelles mobilites en France connait une croissance explosive, bouleversant les habitudes de deplacement des Francais.

Moyens de transport varies dans une rue francaise : velos, trottinettes electriques et transports en commun

Le marche de la mobilite en France connait une revolution silencieuse mais profonde. Sous l’effet des preoccupations environnementales, de l’evolution des modes de vie et de l’innovation technologique, les Francais se deplacent differemment. Voitures en autopartage, velos electriques, trottinettes, transports en commun optimises par l’IA : le paysage de la mobilite urbaine et periurbaine se transforme a grande vitesse.

Un marche en pleine expansion

Selon le baromètre annuel de l’Observatoire des Mobilités Emergentes, le marche des nouvelles mobilites (hors voiture individuelle thermique) a atteint 18 milliards d’euros en France en 2025, en hausse de 22% par rapport a 2024.

“Le marche est porte par trois tendances de fond : la sensibilite ecologique, le cout croissant de la voiture individuelle et l’essor des solutions numeriques de mise en relation”, analyse le directeur de l’Observatoire.

Les investissements dans les infrastructures de mobilite douce ont atteint 3,5 milliards d’euros en 2025, en hausse de 30% sur un an. Le plan “France Mobilités 2027” du gouvernement a alloue 6 milliards d’euros au developpement des transports propres.

Le velo electrique, grand gagnant de la mobilite

Le marche du velo electrique (VAE) est le segment le plus dynamique. Selon l’Observatoire du Cycle, les ventes de VAE ont atteint 1,5 million d’unites en 2025, contre 1,2 million en 2024 et 650 000 en 2020.

“Le velo electrique est devenu le premier vehicule electrique en France, loin devant la voiture electrique”, constate le president de l’Union Sport & Cycle.

Le marche est domine par les fabricants europeens : Bosch (moteurs), Shimano (transmission) et les assembleurs francais comme Moustache Bikes, Lapierre et Gitane. “La production francaise de velos electriques a augmente de 40% en 2025, avec 250 000 unites assemblees en France”, precise le rapport.

Le prix moyen d’un VAE est stable a 2 200 euros, mais l’entree de gamme descend a 1 000 euros. “Les aides a l’achat, cumulables entre Etat, region et commune, peuvent couvrir jusqu’a 40% du prix d’achat”, rappelle le ministere de la Transition Ecologique.

Les locations longue duree explosent. Le service “Velib’ Metropole” a Paris a atteint 5 millions d’abonnes annuels en 2026, dont 60% utilisent des velos electriques. Le nouveau contrat, signe en 2025 avec un consortium mene par Smovengo, prevoit l’installation de 20 000 velos electriques supplementaires.

Le marche de la trottinette se structure

Le marche des trottinettes electriques, apres une phase de croissance anarchique, se structure. Selon le baromètre de la Federation des Professionnels de la Micromobilite, le parc de trottinettes electriques en France est estime a 3,5 millions d’unites en 2026.

Les ventes de trottinettes personnelles ont atteint 800 000 unites en 2025, en baisse de 10% par rapport a 2024. “Le marche sature et se consolide, avec une concentration sur les modeles de qualite et les marques reconnues”, analyse le cabinet NPD.

Le marche de la trottinette en libre-service (free-floating) se consolide. Lime est leader avec 15 000 trottinettes dans 12 villes francaises, suivi de Dott (12 000 trottinettes) et de Tier (8 000). “Les villes multiplient les reglementations : limitation de vitesse a 20 km/h, zones de stationnement obligatoires, interdiction sur les trottoirs”, explique le directeur des operations de Lime a Paris.

La securite est un enjeu majeur. Selon le rapport 2026 de l’Observatoire National Interministeriel de la Securite Routiere, les accidents impliquant des trottinettes electriques ont augmente de 35% en 2025, avec 45 deces. “Le port du casque devrait etre rendu obligatoire”, propose la Securite Routiere.

L’autopartage et les nouvelles formes de mobilitie

Le marche de l’autopartage en France connait une croissance soutenue. Selon le baromètre de l’ADEME, le nombre d’abonnes a l’autopartage a atteint 1,2 million en 2026, contre 800 000 en 2024.

Getaround, leader de l’autopartage entre particuliers, compte 350 000 abonnes en France. “Notre flotte de 40 000 vehicules disponibles a la location a la journée permet de remplacer 8 vehicules personnels”, explique la direction.

Le groupe PSA (devenu Stellantis) a lance en 2025 Free2Move, son service d’autopartage en propre, qui compte 150 000 abonnes en France. “L’autopartage est un marche strategique pour nous, car il permet de fideliser des clients qui n’acheteraient pas de voiture”, analyse le directeur de Free2Move.

Les abonnements multi-mobilites se developpent. L’application “MaaS” (Mobility as a Service) Ile-de-France, lancee en 2025 par Ile-de-France Mobilites, integre tous les modes de transport (metro, bus, velo, trottinette, autopartage) dans une seule application avec un paiement unique.

Les transports en commun se modernisent

Le marche des transports en commun en France connait une transformation numerique profonde. Selon le rapport 2026 de l’Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTP), les investissements dans la modernisation des reseaux ont atteint 8,5 milliards d’euros en 2025.

La RATP a lance son plan “Metro 2030”, qui prevoit l’automatisation complete des lignes de metro et l’installation de portes palieres sur l’ensemble du reseau. “L’investissement total est de 4,2 milliards d’euros”, indique la direction.

La SNCF a deploye son systeme “Train Intelligent”, qui utilise l’IA pour optimiser la circulation des trains et reduire les retards. “Le taux de ponctualite des TGV est passe de 82% en 2022 a 89% en 2026”, se felicite la direction.

Le marche des cars longue distance (FlixBus, BlaBlaCar Bus) a atteint 450 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 15%. “Le car reste le mode de transport le moins cher, et la liberalisation du marche a profite aux consommateurs”, analyse l’UTP.

Les infrastructures de recharge pour VE

Le developpement des infrastructures de recharge pour vehicules electriques est un marche en pleine expansion, analyse en detail dans notre article sur le marche automobile electrique.

La France comptait 150 000 points de recharge ouverts au public en juin 2026, selon l’Avere-France. Le marche des bornes de recharge est devenu un secteur d’investissement majeur, avec 1,5 milliard d’euros investis en 2025.

TotalEnergies a annonce un plan d’investissement de 1,2 milliard d’euros pour deployer 20 000 bornes de recharge rapide d’ici 2028. “Nous equipons les aires d’autoroutes, les parkings de supermarches et les flottes d’entreprises”, explique la direction.

La startup Electra, qui a leve 140 millions d’euros en 2025, developpe un reseau de bornes ultra-rapides (350 kW) capables de recharger une batterie a 80% en 15 minutes. “Nous installons 500 bornes par an en France”, indique le CEO.

Les enjeux reglementaires

Le marche de la mobilite est fortement reglemente. La loi d’Orientation des Mobilites (LOM) de 2019 a pose le cadre de la transformation du secteur. En 2026, plusieurs evolutions sont en discussion.

Les Zones a Faibles Emissions (ZFE) se generalisent. “11 metropoles ont mis en place des ZFE en 2026, interdisant progressivement les vehicules les plus polluants”, rappelle le ministere de la Transition Ecologique.

Le stationnement payant pour les deux-roues motorises est en debat dans plusieurs grandes villes. A Paris, la mairie a soumis a referendum en 2025 le triplement du tarif de stationnement pour les SUV, mesure approuvée a 58%.

Le cadre juridique des engins de deplacement personnel (trottinettes, hoverboards) se renforce. “Le code de la route a ete modifie en 2026 pour integrer ces nouveaux modes de transport”, precise la direction de la Securite Routiere.

Perspectives

Le marche des nouvelles mobilites en France devrait atteindre 30 milliards d’euros en 2030, selon une projection du cabinet Roland Berger. La croissance sera portee par l’electrification des transports, la digitalisation des services et les contraintes reglementaires.

Les investissements dans les infrastructures de mobilite propre devraient atteindre 12 milliards d’euros par an d’ici 2030, selon le plan “France Mobilités”. Les marches identifies comme porteurs pour 2027 placent la mobilite durable au quatrieme rang des priorites d’investissement.

Le marche du transport de marchandises durable

Le transport de marchandises, responsable de 35% des emissions de CO2 du secteur des transports, connait aussi sa revolution verte. Selon le rapport 2026 du CGDD (Commissariat General au Developpement Durable), le marche du transport de marchandises durable a atteint 4,5 milliards d’euros en 2025.

Le fret ferroviaire connait un regain d’interet. Fret SNCF a investi 1,2 milliard d’euros dans la modernisation de son parc de locomotives electriques. “Notre objectif est de faire passer la part du fret ferroviaire de 12% a 25% d’ici 2030”, indique la direction.

Les camions electriques commencent a circuler. Le constructeur francais Heuliez a livre les premiers exemplaires de son camion electrique “H7”, d’une autonomie de 400 kilometres, a Carrefour et a Auchan pour les livraisons urbannes. “Nous avons deja 150 commandes fermes”, se felicite le PDG.

La logistique du dernier kilometre se transforme. Les consignes automatiques et les points de retrait se multiplient. “Le nombre de points de retrait en France a atteint 45 000 en 2026, contre 25 000 en 2020”, selon la FEVAD.

Les nouveaux entrants bousculent le marche

Le marche de la mobilite attire de nouveaux entrants, notamment les geants de la tech. Uber a annonce en 2026 l’extension de son service Uber Shuttle a 15 villes francaises, proposant des navettes partageees a prix reduit.

La start-up Heetch, concurrente francaise d’Uber, a ete rachetee par le groupe de transport danois GoMore en 2025. “Nous allons developper des offres de mobilite combinees, melant covoiturage et VTC”, annonce la direction.

Le groupe La Poste a lance “La Poste Mobilite”, un service de transport de personnes dans les zones rurales, utilisant les facteurs comme conducteurs. “Nous desservons 200 communes rurales qui n’ont pas d’offre de transport public”, explique la direction.

Le marche des nouvelles mobilites est un secteur en pleine ebullition, ou startups et grands groupes se disputent un marche en croissance rapide. Les Francais n’ont jamais eu autant d’options pour se deplacer, et cette diversite est la meilleure garantie d’une mobilite plus durable.

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