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Femtech : la santé des femmes devient un marché

Suivi de grossesse, fertilité, ménopause, endométriose : les startups de la femtech lèvent des fonds records pour répondre à des besoins longtemps ignorés de la santé féminine.

Femme utilisant une application mobile de suivi de santé sur son smartphone dans un cadre apaisant

Longtemps considérée comme une niche, la femtech — ces technologies dédiées à la santé des femmes — est devenue un segment majeur de l’innovation santé. En 2025, les startups françaises de la femtech ont levé 280 millions d’euros, selon une étude du cabinet FemTech Analytics, en hausse de 55% par rapport à 2024.

« Pendant des décennies, la recherche médicale a été androcentrée. Les femmes ont été sous-représentées dans les essais cliniques et leurs pathologies spécifiques ont été ignorées ou minimisées », constate la fondatrice d’une startup du secteur. Un constat qui commence à changer radicalement. Le marché mondial de la femtech est estimé à 75 milliards de dollars en 2026, et devrait atteindre 130 milliards d’ici 2032 selon Allied Market Research.

Les segments qui explosent

Le marché français de la femtech se structure autour de plusieurs verticales complémentaires. La fertilité et la procréation médicalement assistée (PMA) représentent le segment le plus important, avec 35% des parts de marché. En France, 3,3 millions de couples sont concernés par des problèmes d’infertilité. Des startups comme la plateforme de suivi de fertilité accompagnent 200 000 utilisatrices en France. « Notre application combine données de cycle, analyses prédictives et téléconsultation avec des spécialistes de la fertilité, réduisant le délai de prise en charge de 18 à 6 mois », explique sa fondatrice.

La ménopause est le segment qui connaît la croissance la plus rapide, avec un bond de 60% des financements en 2025. « La ménopause touche 14 millions de femmes en France, dont 8 millions sont en période péri-ménopausique. Mais c’était un sujet tabou, tant dans la société que dans le monde médical. Les startups commencent à peine à adresser ce marché immense », analyse une consultante spécialisée. Une startup française a développé une application de suivi personnalisé des symptômes de la ménopause, couplée à une téléconsultation avec des gynécologues formés spécifiquement.

L’endométriose est le troisième axe majeur. Touchant une femme sur dix, soit 2,5 millions de femmes en France, cette maladie a longtemps été sous-diagnostiquée. Une startup française a développé un test salivaire capable de détecter l’endométriose avec une précision de 95%, réduisant le délai de diagnostic de 7 ans à quelques semaines. « Notre test va changer la vie de millions de femmes qui errent de médecin en médecin sans diagnostic », affirme sa fondatrice.

Les succès français

La France compte une trentaine de startups femtech actives, dont plusieurs se sont imposées comme des références européennes. La startup de suivi de grossesse a levé 40 millions d’euros en 2025 et compte 1,5 million d’utilisatrices en Europe. « Nous accompagnons les femmes de la conception jusqu’aux 3 ans de l’enfant, avec des contenus personnalisés, un suivi médical et une communauté d’entraide », détaille sa CEO.

Une autre pépite française, spécialisée dans la santé pelvienne, a développé un dispositif connecté de rééducation périnéale, utilisé par 50 000 femmes après l’accouchement. « 40% des femmes souffrent de troubles du plancher pelvien après une grossesse. Notre dispositif permet une rééducation à domicile, plus accessible et moins coûteuse que les séances chez le kinésithérapeute », indique sa CEO.

Les investisseurs s’éveillent

Longtemps snobée par les fonds de capital-risque, la femtech attire désormais des investissements significatifs. « Il y a une prise de conscience que la santé des femmes n’est pas une niche philanthropique, mais un marché massif avec des besoins non satisfaits et un fort potentiel de croissance », explique une associée du fonds Elaia.

Plusieurs fonds dédiés ont émergé en Europe. Le fonds a levé 50 millions d’euros en 2025 pour investir exclusivement dans la femtech européenne. « Nous sommes encore au début de la courbe d’adoption. Le potentiel de croissance est énorme car les besoins sont immenses et la concurrence encore faible », analyse son gérant. Bpifrance a investi dans 5 startups femtech en 2025.

Les défis spécifiques

Malgré la dynamique positive, les startups femtech font face à des défis uniques. Le premier est le biais des algorithmes. « Beaucoup de modèles d’IA sont entraînés sur des données majoritairement masculines, ce qui les rend moins performants pour les femmes, voire dangereux. C’est un enjeu éthique et scientifique majeur », explique une chercheuse en IA.

Le deuxième défi est le remboursement. « En France, les dispositifs médicaux dédiés aux femmes sont moins bien remboursés que ceux destinés aux hommes. Seulement 30% des innovations femtech sont prises en charge par la Sécurité sociale, contre 55% pour les dispositifs équivalents masculins », dénonce une fondatrice.

Le troisième défi est le tabou social persistant. « Parler des règles, de la ménopause ou de l’endométriose reste difficile dans notre société. Les startups doivent à la fois innover technologiquement et faire œuvre de pédagogie pour déconstruire les tabous », analyse une experte.

L’impact de la réglementation

Plusieurs avancées réglementaires récentes favorisent le secteur. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a élargi le remboursement des consultations de sage-femme et des dispositifs de suivi de grossesse. L’Union européenne a adopté en 2025 une directive sur l’équité des essais cliniques, qui impose une représentation équilibrée des femmes dans les études médicales. « C’est une avancée majeure qui va générer des données sur lesquelles les startups pourront s’appuyer pour développer des solutions adaptées », se réjouit une fondatrice.

La sante menstruelle

Un segment en forte croissance est celui de la sante menstruelle. Plusieurs startups francaises developpent des applications de suivi des regles des culottes menstruelles connectees et des solutions pour le syndrome premenstruel.

Nous accompagnons 500 000 utilisatrices avec notre application qui combine suivi des symptomes conseils personnalises et teleconsultation avec des gynecologues explique la fondatrice d une startup du secteur. Le marche de la sante menstruelle en France est estime a 500 millions d euros par an.

La contraception connectee

Des startups travaillent sur des solutions de contraception connectees et non hormonales. Une startup francaise a developpe un dispositif portable qui utilise les ultrasons pour reguler la fertilite sans hormone ni pilule.

Notre dispositif est en cours d essais cliniques dans trois hopitaux parisiens. Il pourrait offrir une alternative aux femmes qui ne supportent pas la contraception hormonale explique sa fondatrice.

Les inegalites de genre dans la recherche medicale

Les startups femtech militent aussi pour une meilleure prise en compte des femmes dans la recherche medicale. Historiquement les essais cliniques incluaient peu de femmes et les medicaments etaient doses en fonction de corps masculin.

Nous plaidons pour que 50% des essais cliniques incluent des femmes et que les resultats soient analyses par genre explique une chercheuse. Les startups femtech ne sont pas seulement des entreprises ce sont aussi des actrices du changement social.

Perspectives 2026-2027

L’avenir de la femtech française est prometteur. Plusieurs levées de fonds importantes sont attendues en 2026, et le secteur devrait franchir le cap des 500 millions d’euros levés en France d’ici 2027. « La femtech va connaître la même trajectoire que la fintech il y a dix ans : un secteur de niche devenu mainstream. Les investisseurs qui entreront maintenant réaliseront les meilleurs rendements », prédit un analyste.

Pour en savoir plus sur l’innovation santé, consultez notre analyse des biotechs françaises et notre guide sur les startups French Tech à suivre en 2026.

La santé des femmes n’est plus un angle mort de l’innovation. Les startups françaises sont en première ligne de cette révolution qui allie progrès médical, justice sociale et opportunité économique.

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